Ordination Sacerdotale de l’année 2010

Nous développons ci-après l’ordination diaconale et presbytérale qui s’est déroulée dans la Paroisse Nkanka le 11/07/2010

En date du 11 juillet 2010, le quinzième dimanche du temps ordinaire, à la paroisse de Nkanka, entouré du clergé séculier et régulier et des consacré(e) s oeuvrant dans le diocèse, devant une foule immense de fidèles Son Excellence Monseigneur Jean Damascène BIMENYIMANA, Evêque de Cyangugu a présidé la célébration eucharistique au cours de laquelle, quatre diacres et huit séminaristes ont été respectivement ordonnés prêtres et diacres. Ayant adressé une salutation cordiale et chrétienne à chacune des catégories des fidèles, l’Evêque a rappelé que c’était le moment de clôturer officiellement l’année sacerdotale qui a été vécue intensément par  les prêtres eux-mêmes, les fidèles et les consacrés. Elle a été vécue comme un moment propice de ressourcement spirituel. Au début de la messe, Monseigneur l’Evêque a également invité l’assemblée à s’unir à lui pour rendre grâce à Dieu à l’occasion du trentième anniversaire de son ordination presbytérale. Les cérémonies se sont déroulées dans une ambiance de piété, de recueillement et de prière d’action de grâce.

1. La Barque de St Pierre poursuit sa pèlegrination à Cyangugu

C’est la Barque sur laquelle Jésus s’asseoit de temps en temps pour prêcher aux foules (Lc 5,3) et par laquelle Simon Pierre avance en eau profonde (Lc 5,4). La Barque qui, un jour, assaillie des vagues, allait sombrer dans la mer. Cette Barque, au cours des âges, a préfiguré l’Eglise qui, en dépit des tribulations diverses, progresse au monde entier pour achever l’œuvre messianique du Christ grâce à l’assistance de l’Esprit Saint. De fait, l’Esprit Saint ne cesse d’inciter les jeunes gens à se consacrer corps et âme au Christ afin d’œuvrer dans sa vigne. C’est ainsi que le Diocèse de Cyangugu rend grâce au Seigneur pour lui avoir prodigué de nouvelles forces en lui donnant quatre nouveaux prêtres et huit diacres qui, en qualité de proches collaborateurs de l’Evêque, vont s’évertuer à orienter en avant la proue de notre Barque pour avancer en eau profonde. Ceux dont il s’agit sont : Abbé Félix HAKIZIMANA, Abbé Janvier KAGENZI, Abbé Théophile NSENGIYUMVA et Abbé Achille NZAMURAMBAHO, respectivement originaires des paroisses Shangi, Mibirizi, Nkanka et Mushaka.

Procession des ordinands

Les diacres sont : Diacre Fidèle HABINEZA, Diacre Emmanuel KARINIJABO, Diacre Jean Pierre MANIRARUTA ; tous originaires de la paroisse Nkanka, Diacre Benjamin BAFPAKURERA, Diacre Diogène DUFATANYE, Diacre Berthile HATEGEKIMANA, Diacre Emmanuel NIYONSENGA et Diacre François-Xavier RUKUNDO, respectivement originaires des paroisses Mibirizi, Mwezi, Hanika, Mushaka et Shangi. Puissent-ils, sous l’intercession de St Jean Marie Vianney, mener à bonne fin la course qu’ils entreprennent à la manière de St Paul, Apôtre des nations.

2. Appelés pour servir et non pour être servis

Cette assertion tirée de la péricope évangélique du jour et qui explicite ce à quoi et pourquoi ils ont été appelés, a servi de canevas de l’instruction qui leur a été dispensée avant que les mains de l’Evêque ne leur soient imposées. Certes, cette remarque de Jésus aux Douze lorsqu’ils se disputaient entre eux voulant savoir le plus grand d’entre eux, se veut indispensable pour quiconque veut s’engager dans la vie sacerdotale. Effectivement, « la fonction des prêtres en tant qu’elle est unie à l’ordre épiscopal, nous enseigne le concile Vatican II, participe à l’autorité par laquelle le Christ lui-même construit, sanctifie et gouverne son corps. C’est pourquoi, poursuit-il, le sacerdoce des prêtres les marque d’un caractère spécial, et les configure ainsi au Christ Prêtre » (Presbyterorum Ordinis n° 2) qui, « lui-même n’est pas venu pour être servi mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude » (Mc 10,45).

Autrement dit, configurés au Christ, les prêtres sont appelés à être ses véritables imitateurs. Dans ce sens, aux nouveaux diacres, il a été exhorté d’être serviteurs de l’Evangile et tout ce que cela comporte : contempler et revêtir l’image de ce Jésus-Christ qui parcourait les routes poussiéreuses de la Palestine en train de prêcher la Bonne Nouvelle (Mt 9,35) de conversion « pour que les nations deviennent une offrande agréable, sanctifiée par l’Esprit Saint » (P.O. no 2). Conformément aux dispositions du rituel de l’ordination diaconale, ils sont invités au service de l’Evangile par leur vie.

Au cours de l’homélie

Aux nouveaux prêtres, l’Evêque a demandé d’avoir à la conscience l’image de ce Jésus-Christ qui, au cours du dernier repas, en signe de son amour qui se donne jusqu’à la mort sur la croix pour réconcilier les hommes avec Dieu, s’est fait serviteur jusqu’à laver les pieds de ses disciples. Saint Jean l’évangéliste a de belles paroles pour exprimer ce propos : « Il se leva de table, écrit-il, dépose ses vêtements, et prenant un linge, il s’en ceignit. Puis il met de l’eau dans un bassin et il commença à laver les pieds de ses disciples et (…) quand il eut lavé les pieds, ajoute-t-il, il leur dit :

« Si donc je vous ai lavé les pieds, moi le Seigneur et le Maître, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns les autres » (Jn13, 4-14). Telle est l’idiome du ministère sacerdotal d’autant plus que le Christ n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude (Mt20,28). C’est là que leur ministère trouve son accomplissement. Il commence par l’annonce de l’Evangile, il tire sa force et sa puissance du sacrifice du Christ et aboutit à ce que « la Cité rachetée toute entière  soit offerte à Dieu comme un sacrifice universel par le Grand Prêtre qui est allé jusqu’à s’offrir pour nous dans sa Passion » (P.O 2).

Quiconque veut y parvenir ne peut se passer des qualités telles que la bonté, la sincérité, la force morale, la persévérance, la passion de la justice, la délicatesse, … et le renoncement radical qui a été mis en exergue par l’Evêque durant son homélie.

3. « Quitte ton pays ! »(Gn12, 1)

Dans son homélie, Son Excellence Monseigneur Evêque a insisté sur le renoncement radical dans la vie sacerdotale. L’Evêque a commencé en faisant rappel à l’année sacerdotale qui a été clôturée officiellement dans l’Eglise locale au cours de cette messe d’ordination. Année au cours de laquelle, sous l’égide de la Parole de Dieu et de St Jean Marie Vianney, modèle et patron des prêtres, nous avons médité profondément sur le sacerdoce ; don précieux que le Christ ne cesse d’offrir à l’Eglise.

Cette fois-ci, nous sommes appelés, a-t-il fait mention, à réfléchir sur une autre figure de grande envergure dans l’itinéraire sacerdotal ; il s’agit d’Abraham. Celui-là à qui Dieu adressa cet impératif : « Quitte ton pays ! » (Gn12,1). Souscrivant aux propos de Jésus selon lesquels quiconque vient à lui sans haïr son père, sa mère, sa femme, ses enfants, ses frères, ses sœurs et jusqu’à sa propre vie et ne renonce pas à ses biens, ne peut pas être son disciple (Lc14, 26.33), l’Evêque a souligné qu’Abraham est un modèle du renoncement.

Ayant écouté la voix de Dieu il a quitté sans tergiverser ; il devrait en être ainsi pour les prêtres. Le prêtre ne doit pas hésiter à renoncer à sa famille, à sa puissance, à son honneur pour ne compter que sur le Christ qui l’envoie. Le célibat sacerdotal est indéniablement d’une grande valeur, a-t-il ajouté. Le célibat sacerdotal ne doit pas être une simple formule théorique prononcée lors de l’ordination et aussitôt tombée dans les oubliettes. Le célibat sacerdotal doit être vécu pratiquement, joyeusement et quotidiennement.

Comme Abraham, le prêtre doit aller partout où l’Eglise l’envoie sans condition. Etre prêtre c’est se lever, a-t-il dit. Comme Abraham s’est levé et est parti sans se préoccuper trop de l’issue de son « aventure », cela doit en être ainsi pour les prêtres. Cependant, il peut arriver que le renoncement radical comme celui d’Abraham suscite des doutes ainsi que des questions telles que celle de St Pierre lorsqu’il demanda à Jésus : «Voici que nous, nous avons tout laissé et nous t’avons suivi, quelle sera donc notre part ? »(Mt 19,27), mais, il faut mettre la confiance dans le Seigneur.

Confrontée à la demande des fils de Zébedée (Mc 10, 35-44), la question de Simon Pierre (Mt 19,27) montre que les Apôtres ne s’étaient, en aucun cas, imaginés que la mission de Jésus déboucherait sur la Passion. Et Jésus, pour bannir toutes les ambiguïtés, leur déclara : «celui qui voudra devenir grand parmi vous sera votre serviteur, et celui qui voudra être le premier parmi vous, sera esclave de tous » (Mc 10,43). C’est avec une telle ambition remplie d’espoir que les prêtres embrassent une vie qui n’est pas la leur, mais une vie de Dieu. C’est une vie qui doit être nourrie, sans cesse, des sacrements de l’Eucharistie et la pénitence. 

4. Nous avons prié et nous avons été exaucés !

L’assemblée a vécu la journée dans une ambiance de piété, de recueillement et de prière d’action de grâce. « Nous avons prié et nous avons été exaucés » est une phrase récurrente dans les allocutions de bien d’intervenants. Le quatrième dimanche de Pâques, nous prions le Maître de la moisson d’envoyer les ouvriers dans sa moisson, disaient-ils, et spécialement au long de cette année sacerdotale nous n’avons cessé d’élever nos prières vers Dieu notre Père et voilà qu’il a exaucé nos prières ; il nous donne quatre nouveaux prêtres et huit diacres, nous ne cesserons donc pas de le prier encore. Abbé Théophile NSENGIYUMVA, au nom de nouveaux prêtres, a adressé sa gratitude à tous ceux-là qui, de près ou de loin, les ont aidé à donner leur « OUI » à l’appel de Dieu. Le prêtre est choisi par Dieu parmi les hommes et pour les hommes, le sacerdoce est donc un don précieux porté pourtant, a-t-il souligné, dans des vases fragiles. Puissions-nous porter des fruits conformes à la volonté de Dieu.

Honorable Sénateur Faustin MUNYAKABERA à son tour, au nom des autorités civiles, a tenu un discours de remerciement et de félicitation aux nouveaux prêtres et au Diocèse Catholique de Cyangugu en général. Les prêtres, en formant les chrétiens, sont des véritables éducateurs de la conscience de la société car seul le bon chrétien peut être le bon citoyen, disait-il. Il leur a promu une franche collaboration de la part des autorités civiles en vue de la construction d’une société digne de l’homme créé à l’image de Dieu. Il en a profité l’occasion pour rendre hommage au Diocèse Catholique de Cyangugu qui s’évertue considérablement pour le développement intégral de la population en général.

Dans son allocution bouclant les festivités, l’Evêque a encouragé les fidèles à continuer à soutenir le Petit Séminaire Saint-Aloys de Cyangugu et donner leur contribution pour la promotion des vocations. Après avoir remercié les parents des nouveaux prêtres qui n’ont pas été obstacles pour la vocation des leurs enfants, il  a exhorté les grands séminaristes à suivre sincèrement et droitement les directives de leurs formateurs. Aux ordonnés, il a adressé un mot de bienvenue au sein du clergé diocésain.

Abbé Valens NIRAGIRE

Chancelier

Comments are closed.