Récollection diocésaine, Carême 2018.

ce samedi le 24/03/2018, les prêtres, religieux , religieuses, séminaristes et novices ont fait une récollection au centre Notre Dame de la route des Jésuites à Cyangugu en vue de se préparer spirituellement à la solennité de Pâques qui approche.  ladite récollection avait pour Thème « Mourir pour vivre ». le prédicateur était Père Jules, Rogationiste.  Voila le texte intégral de la Récollection.

MOURIR POUR VIVRE.

         Une actualisation du mystère pascale dans notre vie

         Introduction

   i.Signification de la récollection

« L’action de revenir », de retourner sur soi-même pour se recueillir, c’est ce que le dictionnaire donne généralement comme définition du terme « récollection ». La récollection est le temps pour se visiter soi-même, et pour faire un bilan de la direction générale de sa vie. La récollection, c’est le temps qu’on se donne à soi-même pour revenir à l’essentiel à son histoire personnelle, à sa vie sur la terre, à ses échecs mais aussi à ses succès, à ses projets de vie, son avenir avec Dieu. Action de se recueillir dans la prière et la méditation.

ii. Pour quoi faire récollection

Un adage dit que celui qui ne sait pas d’où il vient ne saura pas où il va. Pour connaitre là où l’on va, il faut s’arrêter pour repérer d’où on est venu alors on pourra connaitre là où on va. La récollection est le temps de la halte pour s’assurer qu’on est vraiment dans le bon chemin.

La récollection est aussi un temps de prière, de coeur à coeur nécessaire pendant les temps forts de la vie. Dans les évangiles, nous voyons Jésus avant les temps forts de sa vie se retirer loin du monde pour prier. C’est ce qu’il fait au début de sa mission avant de choisir ses disciples. C’est ce que saint Luc nous montre dans son évangile « En ces jours-là, Jésus s’en alla dans la montagne pour prier. Il passa la nuit à prier. Quand le jour se leva, il appela ses disciples. Il en choisit douze qu’il nomma ses apôtres » (Lc 6, 12-13). Pour

bien vivre les temps forts comme l’Avent et le Carême l’Eglise nous conseille autant que possible de faire récollection.

iii. Thème de la récollection

– La mort comme une loi naturelle-

-La mort comme une vie sans Dieu

– La mort comme chemin de la vie et de la résurrection.

Pour notre récollection de ce jour nous voulons méditer sur le thème : « mourir pour vivre ». Il s’agit d’une actualisation de mystère pascal dans notre vie après plus de 2000 ans après la mort et la résurrection.

Comment revivre avec le Christ sa mort et sa résurrection dans notre monde religieux, sacerdotal et chrétien. .

Chers frères et sœurs, loin d’être des habitués des récollections des temps forts de l’Église, le seigneur voudrait renouveler avec nous son alliance afin que nous ayons la vie divine en nous. Pour bien approfondir notre méditation, nous avons divisé notre thème en trois grandes parties :

  1. La mort comme une loi naturelle

La vie et la mort sont indissociables. Elles ne sont rien l’une sans l’autre. La vie ne peut pas vivre sans mourir et la mort ne peut pas être sans la vie, tout ce qui vit traverse un temps, écrit une histoire et meurt.

Le but de la méditation sur la mort est d’enlever les craintes infondées qui nous troublent. Cet exercice spirituel permet précisément de ne plus être troublé par la mort, de ne plus s’emporter contre elle, ni la dédaigner, par une juste appréciation de ce qu’elle est, à savoir « la dissolution des éléments dont tout être vivant se compose » (Pensées, II, 17). Souvent nous avons peur de mourir par ce que nous sommes encore attachés aux de la terre, nous avons peur de l’enfer ou de mourir parce que nous aimons tant nos péchés. Nous voulons un jour voir Dieu tel qu’il est et nous avons peur de mourir, quelle contradiction ?

La philosophie antique s’est toujours intéressée à la mort. Bien plus, la philosophie est définie par Socrate comme préparation à la mort. Dans le Phédon, l’activité philosophique est décrite comme détachement du corps et purification de l’âme (Phédon, 65b-d), c’est-à-dire précisément comme préparation à la mort.

Aujourd’hui, prêtres, religieux, religieuses, laïcs tombent dans le même piège que tout le monde de se laisser distraire par le monde. On perd la conscience de la mort. Quand un de notre meurt on se rappelle que nous allons tous mourir. Cela reste une conscience d’un moment et après on continue notre vie normale. On oublie totalement qu’on va quitter un jour ce monde. Heiddeger le philosophe, nous rappelle toujours que le futur de notre futur c’est la mort. Voila ce qui angoisse l’homme.

Matin, midi, soir, nous sommes à la recherche de tout ce qui passe et qui nous aide à oublier que nous mourrons un jour. Nous sommes a la recherche de honneurs, téléphones, des voitures, des apparences, des vanités….On n’oublie que nous sommes venus et irons nu…même le drap appartient au cimetière…une seule chose est a toi, ta vie de ton âme. Cherchons les choses et n’oublions pas que le ciel et l’enfer existe.

« Ne méprise pas la mort, mais sois content d’elle, puisqu’elle est une des choses que veut la nature. […] Il est d’un homme réfléchi de ne pas s’emporter violemment contre la mort ni de la dédaigner, mais de l’attendre comme un événement. »Marc-Aurèle, Pensées, IX, 3 (trad. E. Bréhier). 4

Vivez sur la terre comme un voyageur et un étranger à qui les choses du monde ne sont rien. Conservez votre coeur libre et toujours élevé vers Dieu, parce que vous n’avez point ici-bas de demeure permanente. Que vos gémissements, vos larmes, vos prières, montent tous les jours vers le ciel afin que votre âme, après la mort, mérite de passer heureusement à Dieu.

S’il est vrai, comme l’écrit saint Paul, que « la mort est la rançon du péché » Rm6,23, la mort est une réparation et il s’agit de savoir quelles sont les conditions et la valeur de cette réparation. Si, d’autre part, comme le chante l’Église romaine dans sa Préface des défunts, la vie, après la mort, n’est pas « enlevée, mais changée » (Vita mutatur, non tollitur), la mort doit être conçue comme un changement d’état.

Chers frères et soeurs, tout ne finit pas avec la mort, avec elle nous commençons une nouvelle vie, un nouvel état. C’est pourquoi nous devons être des hommes et femmes pleinent d’espérance dans le christ ressuscité.

« là où le péché a abondé la grâce surabondât et que, Si le péché a régné en donnant la mort, la grâce régnât par la justice pour donner la vie éternelle par Jésus-Christ »Rm5,21. « Si par la faute d’un seul et du fait de ce seul, conclut l’Apôtre, la mort a régné, combien plus ceux qui reçoivent dans toute leur abondance la grâce et le don de la justice régneront-ils dans la vie par Jésus-Christ .

Chers frères et soeurs, comme nous dit le P. Bernard Sesboüé: « Dans la croyance primitive, le grand bien de l’homme, c’est la vie, et la mort apparaît comme la catastrophe. Pourtant, tout n’est pas fini avec elle ». vivons comme des hommes et des femmes pleines d’espérance et ne nous attachons pas aux biens qui passent. Accueillons avec foi notre mort et celle de nos frères. Préparons-nous a ce voyage qui n’a jamais été annule. Il faut donc demander la grâce d’une bonne mort.

Que la résurrection du Christ que nous allons célébrée, soit pour nous une occasion de chasser toute peur de la mort en nous et de nourrir notre espérance dans le Christ qui nous ressuscitera le dernier jour pour la vie éternelle.

Biens aimes, la mort naturel est une loi qui est au dessus de tous et chacun doit s’y préparer a chaque seconde de sa vie. Cependant même si nous sommes vivants, il se peut que nous sommes déjà morts. Comment comprendre cela ? 2. La mort comme une vie sans Dieu

Il s’agit d’une méditation sur la mort, pris dans sa dimension négative. Cela doit être compris dans sur le plan scientifique et sur le plan spirituel.

  1. Sur le plan scientifique ou philosophique

L’homme d’aujourd’hui pensait qu’en se débarrassant de Dieu, il serait libéré de tout ce qui le réprimait ou le contraignait. Au contraire, il a découvert qu’en tuant Dieu, il s’était également tué. Car s’il n’y a pas de Dieu, alors la vie de l’homme devient absurde. Aujourd’hui l’homme combat tout esprit religieux en prônant un état laïc, il ne veut entendre parler de la loi contre nature (homosexualité, mariage pour tous, avortement permis,…)

Si Dieu n’existe pas, alors l’homme et l’univers sont tous deux inévitablement condamnés à mort. L’homme, comme tout autre organisme vivant, doit mourir. Et l’univers, lui aussi, fait face à la mort. L’homme de notre temps veut faire la concurrence avec Dieu, il oublie, selon saint Thomas, que Dieu est le premier moteur qui met tout en mouvement.

S’il n’y a pas de Dieu, alors l’homme et l’univers sont condamnés à mort. Pour l’homme moderne il n’y a pas de Dieu et l’immortalité n’existe pas. Et quelle en est la conséquence? Cela signifie que la vie en elle-même devient absurde. Cela signifie que notre vie n’a ni sens, ni valeur, ni but absolu. Regardons ensemble chacun de ces points.

S’il n’y a pas de Dieu, alors notre vie n’est pas qualitativement différente de celle d’un chien. Comme dit l’écrivain de l’Antiquité qui a écrit l’Ecclésiaste.

Si Dieu n’existe pas, il n’y a aucun bien ou mal absolus; toutes choses sont permises.Comme un poisson sans l’eau, l’homme n’est vraiment rien sans Dieu. Tout cela nous conduit dans ce que le pape émérite Benoit XVI, appelle la culture du relativisme ou chacun possède sa propre vérité et valeur.

En tant que prêtres, religieux, religieuses, nous devons faire attentions aussi la technologie actuelle qui est entrain de prendre la place de Dieu dans notre vie. Dans une même communauté, il n’ya plus le temps de prier ensemble, d’échanger les nouvelle, de fraterniser, …chacun est avec son téléphone, chacun regarde ses film, chacun est connecté et on manque même a la prière communautaire et d’autres activités sont paralysées a cause de cela,… 6

Comme nous les voyons dans nos milieux de vie, dans nos paroisses,…Plusieurs ont trouvé Dieu inutile, mais ils ont été un jour obligés d’implorer Sa miséricorde et Sa grâce. D’autres L’ont blasphémé, mais il fut un jour où ils sont devenus ses serviteurs. Un grand nombre de personnes ont essayé de diriger leur vie sans Lui. Ils ont fini par comprendre qu’ils ne peuvent pas y arriver sans Lui ; car l’homme sans Dieu n’est RIEN; une chose que le diable cherche à contredire dans le coeur de l’homme, parce qu’il sait que le réaliser est pour l’homme un très grand trésor pour lui et pour toute sa maison. Prions pour notre monde sans Dieu afin qu’il se convertisse et qu’il prenne conscient de l’existence de Dieu.

  1. Sur le plan spirituel

La mort peut être physique, c’est l’état définitif du coeur qui cesse de battre, l’arrêt irréversible des fonctions vitales de l’homme. Mais elle peut être aussi spirituelle, et c’est de cette mort que j’aimerais vous entretenir.

Romains 6,16 : Vous le savez bien : en vous mettant au service de quelqu’un pour lui obéir comme esclaves, vous voilà esclaves de celui à qui vous obéissez : soit du péché, qui est un chemin de mort ; soit de l’obéissance à Dieu, qui est un chemin de justice.

La mort spirituelle c’est l’état de l’homme naturel, séparé de Dieu par sa désobéissance. C’est une conséquence du péché, une cessation de vie entre l’homme et Dieu. C’est la raison pour laquelle Adam et Eve vont fuir la présence du créateur après leur désobéissance, le péché en effet, nous éloigne de Dieu. Il occasionne une perturbation dans notre relation avec Dieu.

Selon l’apôtre Paul, dans son épître aux Romains chapitre 8 au verset 6, la mort consiste surtout dans le fait de vivre pour la chair.

La chair, c’est notre nature humaine, elle a de gros appétits, et lorsque l’on cède à ses caprices, cela nous entraîne vers une déchéance morale mais surtout spirituelle.

En d’autres termes, les morts-spirituellement sont ceux qui connaissent la Vérité, mais dans la pratique sont dans le mensonge, sont froids dans la foi, pratiquent des choses erronées, sont tombés. La mort spirituelle c’est une rupture de communion avec Dieu, même si nous 7

gardons les signes extérieurs d’une vie sacerdotale, religieuse, chrétienne, sans intimité avec Dieu, c’est la mort.

Outre la séparation d’avec Dieu, la mort spirituelle a d’autres conséquences, dont la fermeture de tout accès à la gloire de Dieu. (Romains 3 verset 23). La mort spirituelle nous éloigne de Dieu de façon définitive, aussi bien maintenant dans cette vie, mais pour l’éternité. Être privé de la gloire de Dieu, de sa présence et de ses bienfaits, ce sont les conséquences de la mort spirituelle.

Cependant, Dieu n’a pas voulu que nous demeurions dans la mort éternellement, il a prévu un moyen pour que nous reprenions vie en Jésus-Christ.

Le péché étant la cause de cette séparation d’avec le créateur, Dieu nous propose d’en être lavé et pardonné. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner. Puissions-nous saisir cette main tendue du Seigneur pour échapper aux conséquences irréversibles de la mort spirituelle dans notre vie.

Cependant, si le Seigneur est absent de notre vie religieuse, nous tombons dans la tristesse et nous serons victime de dix « D » ou dégâts causés par l’absence du Seigneur dans notre vie.

  1. Décentration : Christ, le centre de notre consécration est remplacé par le monde (matériel, les honneurs, les apparences, l’argent, le pouvoir, l’avoir, le loisir,…).
  2. Désillusion : l’on se rend compte qu’on mène vie ratée selon ses propres projets (la vocation est conçue non comme un appel du seigneur, mais une promotion sociale, une occasion de faire carrière, un lieu de réaliser ses propres ambition, par conséquent on voit le religieux voleurs, détourneurs des fonds…).
  3. Démotivation : on arrive plus à aller de l’avant, tes attentes ne se réalisent pas (crée par une vie tiède, sans espérance, sans confiance au seigneur…notre récompense c’est au ciel non ici sur la terre des hommes).
  4. Défloraison : la perte de fleurs, de la belle aventure du départ, le premier oui () crée surtout par une vie routinière, banalisation du sacré,
  5. Désaffection, on estime plus à ses justes valeurs la profondeur de l’engagement religieux. l’ignorance ou le mépris de la valeur de notre vocation,

 

  1. Désorientation : on ne se reconnait plus, on ne se défini plus, on vit comme tout le monde. on se met au rang de tout le monde et pourtant nous ne devons pas être ou faire comme tout le monde.
  2. Dégénération : on perd les qualités Co-naturelles à la vie religieuse, obéissance, pardon, la compassion, l’on devient indifférent a la misère de l’autre, on devient agressif, brutal, rancunier,…
  3. Dépression : les forces physiques, psychologiques et spirituelles diminuent (on vit déjà comme un malade, un fou, une folle, la vie désordonnée, l’on ne sait plus se contrôler, frustré, peureux, …)
  4. Déviation : on ne marche plus sur le chemin du Seigneur mais selon sa tête, selon ce qu’on pense juste, selon ses intérêts, selon son plan.
  5. Destruction : le catastrophe, on perd la foi, on abandonne tout, on tombe dans la crise grave, certains défroquent, quittent la vie religieuse et sacerdotale qui sera suivie bien sûre des regrets. Une chose est sure, est que le monde dans lequel nous vivons nous aime quand nous sommes dans la vie religieuses, quand nous quittons, c’est le même monde qui va se moquer de nous et nous trouver moins sérieux.

3. La mort comme chemin de la vie ou de la resurrection.

Il s’agit d’une méditation positive su la mort telle que le Christ nous le demande dans les Evangiles. Ainsi donc, notre Seigneur nous dit :

Mt10, 39…celui qui conservera sa vie la perdra, et celui qui la perdra à cause de moi la sauvera…

Jn12, 25, celui qui aime sa vie la perdra…..celui qui la perdra à cause de moi, retrouvera la vie.

Lorsque nous lisons ce passage, nous trouvons une contradiction, différent à la philosophie humaine. Jésus qui est la vérité, la sagesse incarnée, vient avec un principe contradictoire. Si tu veux vivre tu dois te protéger, tu veux vaincre, tu dois vivre, si tu veux gagner tu dois être fort, si tu veux être premier tu dois te battre. Celui qui v vivre doit mourir, celui qui vit mourra, celui qui meurs vivra, ce n’est pas un sloga, c’est vraiment ca dans les choses de Dieu. Un principe du Royaume.

Mourir pour vivre. Refuser de mourir te tue, accepter de mourir te donne la vie. Notre attandement humain ne peut comprendre, accepter cela…c’est pourquoi le renouvellement de l’intelligence, afin que ta pensée de Dieu devienne ta pensée,…son fonctionnement devienne ton fonctionnement.

Nous qui sommes a la recherche de plus de force, vie, le secret n pas dans la force, le secret et dans la faiblesse, dans la mort. Chaque fois que Dieu voudra te rendre fort il t’affaiblira, te donner la vie il te tuera.

Celui qui veut être le disciple du christ, doit renoncer a lui-même et prendre sa croix chaque jour.

Si tu veux être disciple du crucifié tu dois être crucifié, tu n peux suivre un crucifié sans être crucifié, de mort sans être mort. Pas plus grands disciples que le maitre. Le maitre est le crucifié tu dois être aussi crucifié.

Il est impossible que le grain donne du fruit sans mourir (Jean 12, 30-33)

Impossible que le parfum donne son odeur sans briser le vase. Quand le vase est brisé le parfum peut se rependre…on se parfume pas avec le vase mais avec le parfum. 10

Nous qui cherchons a servir Dieu, l’élévation, le succès,…Le chemin n’est pas dans la grandeur, dans la vie, ou dans qu’on aime…. le chemin c’est la mort. Si nous refusons de mourir démissionnons, laissons tomber.

Qu’est-ce que la mort qui nous est demandée, qu’est-ce que le brisement, qu’est que la croix ?

Est ce que Dieu nous demande de nous faire souffrir, est ce que Dieu nous demande de sacrifier notre corps, de monter sur une croix, de la porter ? Parfois nos sacrifices sont plein d’orgueil (jeune)

La mort que Dieu me demande est a situer a trois niveaux: la mort de soi, la mort au monde et la mort au péché.

  • a) La mort de soi ou la mort de moi

Romains 8:13 dit : « En effet, si vous vivez selon la chair, vous mourrez… » La mort ici en vue doit être la mort spirituelle parce que chacun, sans égard à sa façon de vivre, doit mourir physiquement. Puis, vient la partie glorieuse du verset : « …mais si, par l’Esprit, vous faites mourir les oeuvres du corps, vous vivrez. »

Le moi qui me pousse à rechercher le don spirituel pas pour Dieu mais pour toi-même, la mort de L’orgueil, de la rivalité, de la jalousie, des péchés chéris,…il s’agit de crucifier notre nature adamique qui nous conduit toujours hors de Dieu.

Cette nature en peut être vaincue par la chaire car la chaire ne peut se vaincre elle-même. Elle peut être vaincue par une oeuvre parfaite par celui qui a vaincu. Par la foi, il faut se connecter avec celui qui a vaincu.

La croix et la crucifixion de la chaire s’opère chaque jour. Tout doit être vaincu par Jésus. Sinon ses propres efforts sont les oeuvres de la loi.

Dieu n’a pas besoin de volontaire, il a besoin de personnes brisées. Je veux chanter, être prédicateur,… être, économe, secrétaire,…vous voulez trop faire sans être, apparaitre sans être. Est-ce que vous êtes brisé, seul le mort repende le parfum de la mort. Dieu n’utilise que le mort.

Arbre vert au feu, ce la fumée et les gens ont maux des yeux, dérange e orgueilleux….un arbre vert qui veux servir tu as encore plein de vie, mauvais attitude, colérique, mondain, péchés chéries…………….

Un sec, donne le feu,… : si nous sommes encore verts, le christ est notre soleil pour nous rendre secs afin que nous mourions avec lui. Une fois nous devenons secs, nous donnerons le bon feu qui la lumière pascale dans notre vie.

Veux tu changer la vie, meurs. La présence de Dieu noua rend simple, on se sent faible, indigne,…Dieu est, pas d’orgueil.

Nous pouvons posséder la vie sans fin. Nous pouvons être libérés du règne du péché par la puissance de riposte du Saint-Esprit. Mais nous devons permettre à Sa présence de pénétrer dans notre vie.

  1. b) Mort au péché

Mourir au péché est un autre aspect de la vie crucifiée.

Paul est poussé par Dieu à protester devant pareil raisonnement. « Nullement ! Nous qui sommes morts au péché, comment vivrions-nous encore en lui ? 3Ne savez-vous pas que nous tous qui avons été baptisés en Jésus-Christ, nous avons été baptisés en sa mort ? 4Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort, afin que, comme Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, de même nous marchions, nous aussi, dans une vie nouvelle. 5Car si, lui devenant semblables dans sa mort, nous avons été faits une même plante avec lui, nous le serons aussi à sa résurrection ; 6sachant que notre vieil homme a été crucifié avec lui, afin que le corps du péché soit détruit, et que nous ne soyons plus asservis au péché. 7Car celui qui est mort, est affranchi du péché. 8Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui, 9sachant que Christ ressuscité des morts ne meurt plus, et que la mort n’a plus de pouvoir sur lui. 10Car en mourant, il est mort une seule fois pour le péché ; mais en vivant, il vit pour Dieu. 11Vous aussi, considérez-vous comme morts au péché, mais vivants à Dieu en Jésus-Christ notre Seigneur » (Romains 6:2-11).

Le Nouveau Testament décrit notre rapport au péché comme un combat. Nous sommes en guerre contre notre péché, une guerre dont les batailles devraient être de plus en plus faciles mais une guerre qui ne finira qu’à notre mort. Les puritains parlaient de mortification du péché: faire mourir le péché.

Cette guerre est une affaire de tous les jours. Tous les jours nous devons lutter contre le péché qui nous enveloppe si facilement (Hé 12.1). Tous les jours nous devons, à nouveau, faire mourir notre péché. Oui, mais comment? Pour cela, je vous propose 5 pistes concrètes.

  1. Appeler un péché un péché

Notre vocabulaire trahit souvent notre vision du péché. Ainsi, nous parlons d’un (vilain) défaut, ou d’un trait de caractère, ou encore d’une faiblesse. Tout

ça parce que nous n’osons pas nommer le péché par son nom. Et pourtant, la première des étapes, c’est de reconnaitre nos péchés et de les nommer.

  1. Voir le péché comme Dieu le voit

Le péché a toujours été grave. Pécher c’est désobéir à Dieu ou, comme Henri Blocher l’a récemment dit, c’est « cracher au visage du Créateur ». Il n’y a qu’en voyant le péché tel qu’il est, dans toute sa laideur, que nous pourrons voir le vrai visage de notre ennemi. C’est à cause du péché du peuple que Dieu veut le punir (Mi 1.5). Il est comme une plaie incurable (Mi 1.9), qui a gangrené tout le peuple.

Voir le péché comme Dieu le voit, c’est aussi voir ses effets sur notre relation avec Dieu, dans notre vie et dans nos relations avec les autres. Le péché est une insulte à Dieu et à l’oeuvre de la croix. C’est à cause de nos péchés que Jésus est mort. Mais notre péché attriste aussi Dieu et ternit notre relation. Le péché nous ravit aussi la joie de notre salut (Ps 51.14). Et nos péchés, même ceux que l’on croit cachés, ont un impact sur notre relation avec les autres.

  1. Mettre en lumière tous nos péchés

Certains péchés sont évidents, d’autres moins. Le problème, c’est que nous avons tendance à nous attarder à ce que nous voyons. Il est plus facile de traiter les péchés qui se voient et de faire comme si les autres n’existaient pas. Et puis, après tout, c’est aussi pratique parce que les autres voient les premiers et pas les seconds. On pourrait même passer pour de bons chrétiens… Mais le péché qui n’est pas mis en lumière est un péché qui grandit. Et qui détruit. Notre relation à Dieu, aux autres… Parmi ces péchés moins évidents, on pourrait nommer l’inquiétude, la peur, le mécontentement, l’impatience, la jalousie…

L’idolâtrie est aussi un péché aux contours subtils. Nous savons que l’idolâtrie ce ne sont pas que les poteaux de bois et les statues taillées. Nous savons que le sport, la carrière, les relations, les hobbies peuvent devenir des idoles pour nos coeurs. Nous savons que tout ce qui est placé avant Dieu devient une idole. Mais qu’en est-il de celles qui ont l’apparence de la piété? Une bonne théologie (je parle pour moi), de bonnes lectures, notre fréquentation au culte, notre service dans l’Église, notre discipline et notre piété, nos afflictions et nos épreuves, même notre foi. Toutes ces choses peuvent devenir des idoles. Tout ce qui détourne notre regard de Jésus et fait notre joie peut nous tromper et faire de nous des idolâtres.

  1. Ne pas opposer grâce et discipline

Certains chrétiens crient au légalisme en entendant la notion de discipline. Mais la grâce ne s’oppose pas à la notion de discipline, mais à celle du mérite. La discipline est un moyen que nous devons utiliser dans notre combat contre le péché. C’est la discipline qui nous aide à nous maitriser, à ne pas transformer un regard anodin en regard chargé de convoitise, à ne pas transformer une mauvaise pensée en parole destructrice, à ne pas laisser le doute devenir une accusation contre Dieu ou un coup de marteau sur le doigt en juron.

La discipline ne vient pas remplacer notre piété, elle la soutient.

  1. Ne pas combattre seul

L’Église est un de nos atouts dans notre combat pour la sainteté. Pourtant, nous décidons souvent de combattre seul. Nous nous privons de la grâce de combattre ensemble peut-être par timidité, surement par orgueil. La Parole nous encourage à combattre ensemble dans la confession (Ja 5.16).

Trouvons un frère (pour les hommes) ou une soeur (pour les femmes) avec qui nous pourrons partager nos luttes et ses larmes, les victoires et ses joies. Ne nous privons pas de ceux que Dieu place à nos côtés comme nous compagnons d’armes.

  1. c) Mort au monde

Idéalement, le chrétien meurt, non seulement à lui-même et au péché, mais également au monde (une réalité éphémère, milieu profane, …).

(6) Colossiens 2, 20-23 : Si vous êtes morts avec le Christ aux forces qui régissent le monde, pourquoi subir des règles comme si votre vie dépendait encore du monde : « Ne prends pas ceci, ne goûte pas cela, ne touche pas cela », alors que toutes ces choses sont faites pour disparaître quand on s’en sert ! Ce ne sont là que des commandements et des enseignements humains, qui ont des airs de sagesse, de religion personnelle, d’humilité et de maîtrise du corps, mais n’ont aucune valeur contre les exigences de la chair.

La seule bonne manière pour le chrétien de mourir au monde est pour lui de mourir au mal du monde. Si quelqu’un ne meurt pas au mal du monde, il ne pourra exercer sur le monde une influence rédemptrice.

En d’autre terme, comment annoncer l’Evangile du pardon au monde sans que toi-même tu ne sais pas pardonner, comment enseigner la paix, la justice quand tu es la cause de division, …mourir au mal du monde c’est aussi savoir prendre la position contre courant. Etre du côté de la verite. Etre prêt a

mourir avec comme un martyre mais plusieurs fois nous sommes des personnes lâches devant la mort et les souffrances.

Pour le pape François « La mondanité spirituelle, qui se cache derrière des apparences de religiosité et même d’amour de l’Église, consiste à rechercher, au lieu de la gloire du Seigneur, la gloire humaine et le bien-être personnel.

« Hommes et femmes adultères, ne savez-vous pas que l’amour du monde est une inimitié contre Dieu ? Qui voudra donc être ami du monde, se rendra ennemi de Dieu » (Jacques 4:4).

Au verset 16, nous lisons : « Ils ne sont pas du monde, comme je ne suis pas du monde. » Dieu veut que nous ayons un rapport au monde comme celui qu’avait Jésus. Cela signifie être dans le monde d’une manière géographique, mais pas spirituellement. Nous devons nous considérer, d’abord et avant tout, comme citoyens des cieux. Un des plus gros défis auxquels nous ayons à faire face, c’est celui d’être dans le monde, mais pas du monde.

Si nous mourons vraiment au monde, nous ferons l’expérience de ce dont l’apôtre Paul parlait dans son témoignage rendu dans Galates 6:14 : « Quant à moi, qu’il ne m’arrive pas de me glorifier en autre chose qu’en la croix de notre Seigneur Jésus-Christ par lequel le monde est crucifié pour moi, et moi pour le monde. » Tous les liens entre Paul et le monde avaient été rompus. C’était pour lui une chose morte, et il était pour lui un homme mort. Paul avait perdu son estime pour le monde.

Jésus lui-même disait : « On ne peut pas servir deux maîtres : ou on sert Dieu, ou on sert l’argent » (cf. Mt 6, 24). Dans l’argent, il y a tout cet esprit mondain ; l’argent, la vanité, l’orgueil, cette voie… Nous ne pouvons pas… il est triste d’effacer d’une main ce que nous écrivons de l’autre. L’Évangile est l’Évangile ! Dieu est unique : et Jésus s’est fait serviteur pour nous et l’esprit du monde n’a rien à voir ici.

Le verset 15 de Jean 17 Jésus prie ainsi : « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du malin. » Être dans le monde, c’est comme être en territoire ennemi, et cela nécessite donc que nous soyons divinement préservés du mal dans le monde.

Vivre donc dans ce monde, c’est mener un combat spirituel qui doit être soutenu par la prière, la parole de Dieu, les sacrements de la réconciliation et l’eucharistie, par une vie disciplinaire et pieuse. Voila une voie sure pour vaincre ce monde afin d’entrer dans l’éternité bienheureuse.

Conclusion

Nous concluons avec Saint Paul qui nous dit que si nous sommes ressuscités avec le Christ, recherchons les choses d’en haut, là où se trouve le Christ, assis à la droite de Dieu. Songeons aux choses d’en haut, non à celles de la terre. Car notre vie est désormais cachée avec le Christ en Dieu : quand le Christ sera manifesté, lui qui est notre vie, alors nous aussi nous serons manifestés avec lui pleins de gloire.

Chers frères et sœurs le chemin, qui mène à l’Arbre de vie, c’est le Christ qui nous l’a ouvert : « tu seras ce soir avec moi dans le Paradis », dit-il au bon Larron, Luc 23, 43. Acceptons donc de mourir avec lui, offrons notre vie en sacrifice pour le salut du monde et faisons la mortification du péché, une voie sure pour nous préparer a notre dernier voyage : la mort.