RETRAITE DES PRETRES

 

En date du 19 au 26 Octobre, les prêtres du Diocèse de Cyangugu qui formaient le groupe II ont fait une retraite à Kabgayi dans le Centre spirituel d’accueil de Mbare. La retraite était prêchée par Père François HARELIMANA, un pallotin  chargé du sanctuaire de Kibeho.

La retraite avait pour thème : « Le Prêtre de Jésus-Christ dans l’Eglise d’aujourd’hui »  («  Umusaseridoti wa Yezu muri Kiliziya y’ibi bihe »).

Au début de la retraite, le prédicateur a posé à chaque retraitant ces deux questions : « Qu’est-ce que tu veux rentrer avec ? Quel est le bagage que tu porteras à tes brebis ? »

Le prédicateur a commencé en rappelant le rôle de faire une retraite. Il faut se retirer quelque part avec Jésus. Jésus se retirait avec ses apôtres. Jésus lui-même se retirait. Il aimait se retirer sur les sommets des montagnes (Mt 14, 23) ; dans le désert (Lc 5, 16) ; sur les bords du lac (Mc 3, 7-37).

Dans la retraite, il faut toujours se retirer avec Jésus. Quand les apôtres retournaient fatigués de l’apostolat, Jésus ne leur avaient pas dit de rentrer à la maison pour se revoir demain. Au contraire il leur a dit venir  à lui et se reposer. Il faut apprendre à se reposer avec Jésus.

Le prédicateur a demandé aux retraitants de toujours se retirer un peu avec Jésus avant d’aller à sa mission. Avant d’aller célébrer la messe. Avant d’aller administrer les sacrements. Sinon il y a risque d’aller dans la mission de quelqu’un qu’on ne connait pas et on devient un technicien tout simplement. Tout en allant en mission, le prêtre doit toujours être conscient de sa pauvreté. Cette pauvreté consiste dans le fait que le prêtre donne toujours aux autres les mystères que lui-même n’a pas fini de vivre. Mais le prêtre doit quand même essayer de mériter ses trois fonctions que sont enseigner, diriger et sanctifier.

Le prédicateur nous a partagé sur les dix priorités pour un prêtre que les Evêques allemands parlent :

  1. La façon de vivre d’un prêtre est plus importante que tout ce qu’il fait en tant que prêtre. Ce que tu es, parle plus que ce que tu dis.
  2. Ce que le Christ fait en moi comme prêtre est plus important que ce que je fais en moi-même. Le prêtre agit une persona christi. c’est d’abord le Christ qui agit dans le prêtre.
  3. Vivre l’unité dans le presbyterium est plus important que se laisser absorbé seul par son travail.
  4. Le service de la prière et de la Parole est plus important que le service de table.
  5. Accompagner spirituellement les collaborateurs est plus important que faire le maximum de travail par soi-même et tout seul.
  6. Etre pleinement présent et rayonner dans peu d’endroit est plus important que vouloir être partout où en hâte et en moitié.
  7. Agir en unité est plus important qu’agir si parfait soit-il dans l’isolement. La communion est plus importante que l’action. Le moins parfait réalisé dans l’unité vaut mieux que le plus parfait réalisé dans l’isolement.
  8. La croix parce que féconde est plus importante que l’efficacité. De la mort, jaillit la vie, de l’échec apparent jaillit une réussite.
  9. L’ouverture sur l’ensemble de l’Eglise universelle est plus importante que l’attention à des intérêts particuliers.
  10. Témoigner la foi à tous est plus important que satisfaire à toutes les requêtes habituelles.

Le prêtre d’aujourd’hui est appelé à être une solution face aux problèmes d’athéisme que l’Eglise fait face aujourd’hui. L’homme d’aujourd’hui veut construire un monde sans Dieu. Le prêtre y arrivera en étant fidèle au Christ qui l’a appelé. Le prêtre n’entreprendra pas la guerre. Il fera comme un levain dans la pate. C’est la manière de l’Evangile.

Au sein de la retraite, la journée du mercredi le 23 a été consacrée à une retraite proprement dite. Chaque retraitant s’est retiré dans son désert toute la journée, en priant et sans rien manger ni boire. Ça a été une très belle expérience pour tous les retraitants.

Le prédicateur est revenu sur l’importance de la Croix dans la vie du prêtre et de tout chrétien. Le prêtre dans ses faiblesses, dans ses échecs, il doit s’unir à la croix de Jésus. Il doit croire à la résurrection. Il doit espérer contre toute espérance. Saint Jean Paul II disait : « L’homme qui reconnait sa mission et sa vocation parle à Dieu sa faiblesse ».

Le prédicateur est revenu également sur les vœux des prêtres que sont l’obéissance, la pauvreté et le célibat. Il a démontré que toutes ces vertus sont naturelles et innées à tout homme normal. Dès sa naissance biologique, un enfant obéit à ses parents. S’agissant de la pauvreté, tout homme nait nu et quand il quitte ce monde, il n’emporte rien. Dans le célibat, le prêtre représente Jésus, tête et pasteur. Le célibat sacerdotale est un don de soi dans et avec le Christ dans l’Eglise. Ces vertus ne sont pas donc un fardeau.

Enfin, le prédicateur a parlé de la Vierge Marie, notre Dame de Kibeho, la Mère du Verbe. Elle-même a dit que les prêtres sont ses fils de prédilection. Elle est apparue à Kibeho. Elle demandait une conversion profonde et de prier parce que le monde allait tomber dans un gouffre. Cette interpellation est aujourd’hui plus que jamais la nôtre. Son Fiat, doit être le fiat de chaque prêtre et pour toujours. La Vierge Marie aide les prêtres à suivre les conseils évangéliques comme elle-même les a suivies. L’amitié à la Vierge Marie est un secret pour grandir dans la foi. C’est le chemin de la sainteté.

La Vierge Marie nous unit à la Sainte Trinité parce qu’elles se connaissent bien. Dieu le Père l’a choisie, elle n’a pas déçue comme Eve. Le Saint Esprit a été envoyée chez elle. Elle a été la Mère du Dieu le Fils.

Dans sa vocation, le prêtre est devant le mystère qui le dépasse. Au lieu de baisser les bras, il doit s’abandonner à Dieu comme la Vierge Marie, lui aussi en disant : « Je suis le serviteur de Dieu que tout soit selon ta volonté ».