
Depuis l’année 2023, les sœurs Missionnaires de la Charité de Mère Teresa de Calcutta, sont présentes dans le diocèse de Cyangugu, dans la paroisse de Mashyuza, dans la localité de la cité de Bugarama.
Pourquoi viennent-elles ?
Les sœurs ont été invitées par l’Évêque du Diocèse de Cyangugu, Monseigneur Edouard SINAYOBYE, dans le cadre de tenter des solutions aux problèmes divers présents dans la zone de Bugarama. Au sommet de ces problèmes figurait surtout : le problème des jeunes femmes et même des jeunes filles qui se livrent dans l’exploitation sexuelle à cause de la pauvreté, et de cette exploitation non voulue, naissent des enfants innocents qui mènent une vie misérable suite au manque de l’accompagnement paternel, car ils passent leur vie dans les rues et suite à cela il est quasiment impossible pour eux de poursuivre l’enseignement comme d’autres enfants qui sont nés dans des bonnes conditions familiales.

Méthodologie utilisée par les sœurs pour arriver à leur but
Quand les sœurs sont arrivées sur terrain, elles ont commencé à approcher ces jeunes mamans et en ont d’abord fait des amies, puis grâce à cette amitié, moyennant l’écoute et le partage de l’Evangile à l’exemple de Mère Theresa de Calcutta, les mamans ce sont senties à l’aise avec les sœurs et ont commencé le partage et les visites réciproques.
Pendant tout ce parcours, les sœurs ont aidé les mamans à bien comprendre les mauvaises conséquences qui se trouvent dans l’exploitation sexuelle, et certaines de ces mamans ont décidé de quitter ces mauvaises pratiques.

Apprentissage de métiers et la formation spirituelle comme moyen de redonner la vie aux converties
Dans le cadre de continuer cet accompagnement, les sœurs ont vu qu’il fallait avoir un endroit où réunir ces mamans converties et même les grouper dans des associations en guise de bien cimenter leur amitié afin de partager toujours leurs expériences les unes des autres. Et comme beaucoup de ces mamans témoignent qu’elles sont parties dans ces mauvaises pratiques à cause de la pauvreté, les sœurs ont initiés l’apprentissage de divers métiers à ces mamans, entre autre : la fabrication locale des savons, le tricotage, la couture, la culture des champignons comestibles, etc. À cela s’ajoute aussi l’accompagnement des enfants de ces mamans auxquels elles donnent des enseignements spirituels surtout la catéchèse de base et des notions élémentaires sur la Bible. Le problème qui reste est d’avoir les moyens financiers suffisants pour se procurer de matières premières qui puissent servir tout le groupe des converties, car leur nombre accroit de plus en plus.

Construction d’un nouveau couvent comme champs d’apostolat pour les converties
Quand les sœurs sont arrivées dans la paroisse de Mashyuza, elles ont loué une maison simple où elles logeaient et y accueillaient ces mamans. Mais après, cette maison est devenue très petite car le nombre des mamans augmentaient beaucoup. Par grâce de Dieu, les sœurs ont construit leur propre couvent qui a été bénie et inaugurée par l’Évêque de Cyangugu en date du 16/08/2025. Ce couvent est composé de 3 grandes paries : La maison où vivent les sœurs, la maison pour les mamans, c’est-à-dire, où s’effectuent leurs activités d’apprentissage, puis la troisième maison qui est réservée aux enfants de ces mamans, où se fait l’apostolat biblique et catéchétique et meme les activités sportives.

Le fruit de ce labeur des sœurs
Actuellement, c’est-à-dire jusqu’à la fin du mois d’Août 2025, le nombre des mamans accompagnées est de 235, mais les converties déjà groupées dans des associations sont au nombre de 80 et sont en train d’apprendre les métiers chez les sœurs ; le nombre de leurs enfants est de 325. Les enfants en âge de scolarisation rejoignent les autres enfants dans les écoles, selon le programme de l’Etat : éducation pour tous, et les enfants qui sont encore petits viennent avec leurs mamans et pendant que leurs mamans apprennent leurs métiers, les enfants sont suivis par les sœurs dans leur couvent où elles leurs donnent des enseignements conformes à leur âge au lieu de passer leur vie dans les rues comme c’était avant la conversion de leurs mères.

Avec les sœurs, les mamans et leurs enfants forment tous une seule famille
Le jour de la bénédiction du nouveau couvent, les invités d’honneur dans cette cérémonie étaient ces mamans et leurs enfants qui étaient très contents d’avoir un lieu de rencontre car chacun d’eux considère ce couvent comme chez soi, surtout que beaucoup de ces mamans n’ont pas de domiciles fixes. Ce sont eux même qui ont chanté la Messe au cours de laquelle on a fait l’inauguration du couvent, et ont souhaité que leur choral puisse faire partie des chorales qui chantent dans la paroisse. Les sœurs, dans leurs faibles moyens financiers, aident aussi ces femmes dans la scolarisation de leurs enfants surtout en ce qui concerne l’achat du matériel scolaire car elles ne peuvent pas faire plus que cela sachant que le nombre de ces enfants indigents est très élevé par rapport aux moyens financiers des sœurs qui à leur tour aussi attendent tout des personnes de bon cœur.

Les témoignages
Pendant ces cérémonies, les mamans ont donné le témoignage de comment les sœurs les ont aidé à changer de vie (Ici je rapporte seulement le discours sans identifier son auteur. Je prends seulement deux de ceux qui ont donné leur témoignage) :
- « Moi j’étais comme une personne morte. Je me promenais de cabaret en cabaret. Là où j’entrais, je prenais de force les bouteilles de bières que buvaient les hommes. Quand l’homme était plus fort que moi, il me tabassait fort et quelque fois on me blessait. Mais quand il était faible, il me payait même de l’argent afin que je ne puisse pas le ridiculiser au milieu des autres hommes. J’étais très connue par tout le monde dans la cité de Bugarama. Mais, quand j’ai rencontré les sœurs de Calcutta, elles m’ont ramenée à la vie. Actuellement, grâce à leurs conseils et à l’amour qu’elles manifestent pour nous et pour nos enfants, je suis déjà convertie et je ne bois plus d’alcool. Je suis retournée même dans l’église car je suis protestante. J’y vais toujours pour le culte dominical. Je remercie beaucoup l’Évêque du diocèse de Cyangugu qui a invité nos chères mamans les Soeurs Calcutta à venir ici chez nous à Bugarama ».
- « Moi je me suis engagée dans la pratique d’exploitation sexuelle à l’âge de 16 ans, et à l’âge de 18 ans j’ai eu le premier enfant. Maintenant j’en ai quatre, dont deux filles jumelles. J’amenais des hommes dans la petite maison où je vivais avec mes enfants. Quand les enfants ont commencé à avoir l’âge de la raison, elles mes demandaient de leur montrer leur papa. Et chaque fois qu’ils me demandent quelque chose à propos de ce sujet, je les frappais sérieusement. Mais, après avoir rencontré les sœurs de Calcutta, elles m’ont aidé premièrement à me réconcilier avec mes enfants. Les enfants sont aussi présents ici, vous-même vous pouvez leur demander. Actuellement nous sommes de bonnes amies, moi et mes deux filles. J’ai abandonné ces mauvaises pratiques, grâces aux conseils de nos chères mamans les sœurs de Calcutta. Je remercie beaucoup l’Évêque du diocèse de Cyangugu qui les a invitées à venir ici chez nous à Bugarama ».
Rapportage fait par Abbé Siméon Rwabugiri
Prêtre du diocèse de Cyangugu
